Chirurgie esthétique ou réparatrice ?

Chirurgie esthétique ou réparatrice ?

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Avant de se lancer dans la bistouri-mania, il faut faire la distinction entre chirurgie esthétique et chirurgie réparatrice. Dans les deux cas il y a intervention chirurgicale, mais l’indication n’est pas la même.

Dans le premier cas, la demande émane du patient qui souhaite « améliorer » tel ou tel aspect de son corps ou de son visage. Cela répond à une insatisfaction de son apparence physique.

Dans le deuxième cas, l’indication de chirurgie intervient pour « réparer » une partie du corps ou du visage qui a été abîmée, supprimée, déformée suite à un accident ou une maladie. Dans ce cas, c’est la santé du patient, aussi bien physique, sociale que psychologique, qui nécessite cette intervention.

Abracadabra, beauté parfaite !

Le nombre d’interventions chirurgicales esthétiques ne cesse d’augmenter, et chez les plus jeunes. Il y a aujourd’hui une pression sur l’apparence physique très tôt, alors que le corps n’a pas encore fini de se développer. Sans vous l’avouer, vous êtes souvent persuadés que l’apparence déterminerait la réussite de la vie sociale ou amoureuse. Vous n’avez pas la patience d’attendre que votre corps devienne un corps d’adulte dans lequel vous pourrez vous épanouir quand même. L’âge des complexes peut vous brouiller toute vue sur l’avenir (et c’est bien normal!), alors que c’est un passage obligé pour constituer votre personnalité.

Les médias ne vous facilitent pas la tâche en terme de canons plastiques : les formes pulpeuses des tops models sont souvent citées en référence ! Le monde d’images dans lequel vous grandissez fait que vous êtes très attentifs à votre look. Vous voulez aussi ressembler le plus possible à vos idoles qui incarnent beauté et succès en tout genre.

Cette pression des médias, parfois relayée par des parents qui rêvent d’enfants parfaits, font que vous développez une anxiété démesurée pour des « anomalies » souvent dérisoires. La chirurgie est souvent vue comme la baguette magique qui va soulager tous les maux. Or, il arrive qu’une demande de chirurgie corresponde à une passade, une lubie du moment, un conflit d’ordre relationnel, un trouble psychique important très peu en lien avec une réelle demande de satisfaction de l’apparence. Vous êtes parfois très angoissés face aux modifications de votre corps, c’est un passage obligé et plutôt sain, mais vous détestez vous sentir frustrés. Vous voulez des solutions tout de suite, alors que la frustration c’est en partie ce qui fait grandir et s’accepter. L’opération vous apparaît alors comme la solution.

Laissons du temps au temps

Il serait très dangereux qu’un chirurgien accède à la demande d’un patient sans lui proposer de patienter, de se donner du temps. D’autant plus s’il s’agit d’un adolescent car il a besoin de temps pour s’approprier ce nouveau corps. Opérer un adolescent, serait l’exposer au risque que la modification esthétique le déstabilise encore plus. Il aurait alors un véritable sentiment d’étrangeté et de grosses difficultés à accepter ce corps. Un accompagnement psychologique lui permettrait plutôt de comprendre pourquoi il rejette ce corps, quels sont les sentiments qu’il a développés à son égard, et comment se « réconcilier » avec lui. Ainsi, il va s’approprier son identité.

Il existe quand même des cas où la chirurgie est une réelle issue à un mal être. Quand il n’y a pas d’autre souffrance psychologique que celle engendrée par la zone concernée, le médecin, aidé d’un psychiatre, peut donner son accord. Ainsi, les oreilles décollées, les seins trop gros qui entraînent des maux de dos et des moqueries, un nez hypertrophié etc… sont des indications favorables. Le bénéfice psychologique de l’intervention doit être évalué au préalable par les médecins et une intervention doit toujours être complétée par un suivi psychologique de plusieurs semaines afin d’être sûr que l’adolescent supporte bien son nouvel aspect.

 

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